Quelques nouvelles du front…

1-L’ostéoradionécrose mandibulaire bénéficie d’un traitement optimal PENTOCLO publié en 2011 (Complete restoration of refractory mandibular osteoradionecrosis by prolonged treatment with a pentoxifylline-tocopherol-clodronate combination (PENTOCLO): a phase II trial. Delanian S DOI : 10.1016/j.ijrobp.2010.03.029).

2- La Pentoxifylline est une substance médicamenteuse constitutive du protocole PENTO et PENTOCLO.

Elle n’est plus disponible en France depuis 5 ans (2021) mais disponible dans tous les pays européens limitrophes (belgique, luxembourg, Allemagne, suisse, italie, espagne, portugal, angleterre, .. et états unis…).

L’institut Gustave Roussy le fabrique localement uniquement pour ses patients souffrant d’ostéoradionécrose.

– Une version de substitution avec Trimetazidine (PENTOCLO bis) ou avec colchicine (TRICOTO) est proposée à l’Hôpital Saint Louis.

3- Une revue de synthèse vient d’être publiée dans Frontiers in Oncology sur la genèse et facteurs de progression de l’osteoradionécrose mandibulaire complétant la connaissance de ce processus (Delanian 2026 : Genesis—progression of early jaw osteoradionecrosis in head and neck cancer survivors: dynamics of independent but interconnected factors » DOI: 10.3389/fonc.2026.1941783) soutenu par l’ARSER.

4- Une journée de pelvipérinéologie du Groupe Hospitalier Diaconesses Croix Saint Simon du 03/10/2025 a été consacrée au pelvis radique. Sont intervenus le Pr Francisca Joly, Hôpital Beaujon (séquelles digestives) Pr Sylvie Delanian (dermite radique périnéale)…

Un article de revue « prise en charge du périnée radique par le gastroentérologue » vient d’être publié dans HepatoGastro Oncologie Digestive 2026 (Lambrescak E) (doi : 10.1684/hpg.2026.3187)

Hommage à Jean Louis LEFAIX

Notre ami Jean-Louis LEFAIX, chercheur illustre de la radiobiologie et la radiopathologie française, nous a quitté ce 15 février 2025 à l’âge de 72 ans.

Son parcours a débuté en biologie « mon bureau était un réduit sans fenêtre d’environ 1,50m sur 2 antichambre du bureau de mon directeur de thèse à l’université Pierre Marie Curie » ayant fait ses classes auprès de son maître René Couteau dans les années 70 sur la jonction neuro-musculaire.

Puis, il a soutenu une thèse de 3ème cycle en biologie sur la morphologie descriptive et quantitative du nerf périphérique de la jonction neuromusculaire et du métabolisme musculaire chez la souris (1981, Paris VI). Il a d’ailleurs souffert d’un plagiat de ses travaux, survenu depuis Londres, après une demande de recommandation auprès d’un baron à renommée internationale spécialiste du système nerveux chez la souris !

En avril 80, la chance lui a permis d’être recruté au CEA pour travailler à la « ferme atomique » laboratoire de radiobiologie appliquée. « Bloc sans fenêtre construit au milieu des années 60, de 80 m de long, 25 m de large, permettant l’expérimentation sur gros animaux, dans les bois à la périphérie de INRA à Jouy-en-Josas, dans un isolement géographique et administratif total ».

Ceci a permis, avec en particulier les vétérinaires du laboratoire, de mettre au point un modèle expérimental d’irradiation accidentel localisé (programme Pocket Syndrome) puis de développer une recherche radiobiologique translationnelle en physiologie et en imagerie… suivi d’un doctorat de Sciences (1989).

Puis l’ouverture sur la thématique des séquelles tardives de la radiothérapie est apparue dès l’arrivée du Dr Sylvie DELANIAN au labo en 1990 (suivi d’ailleurs d’une amicale complicité de 30 ans) permettant la précieuse concordance de travaux cliniques, in vivo, et in vitro, avec Michèle MARTIN puis Marie-Catherine VOZENIN.

L’ensemble de ses travaux sera couronné par une habilitation à diriger des recherches en 1994 et un dépôt de Brevet d’Invention en 1998.

Puis un virage des années 2000 sera pris à Caen avec l’Hadronthérapie puis le projet Arcade construit pour préparer la radiobiologie du XXIe siècle.

Lorsqu’en 2009, la santé l’a trahi (sans doute lié aux radiations), l’expérience du partage des souffrances de patients avec séquelles de la radiothérapie a pu l’aider à traverser certaines épreuves humaines…. Il a fait partie du premier cercle des fondateurs de l’ARSER en 2010 et de son Conseil scientifique.

Il s’estimait être un passeur de savoir d’une discipline complexe à cheval (son ami de toujours) sur la physique, la physiologie animale, la médecine, la biologie moléculaire et la radiothérapie.

Son érudition, sa rigueur, son humour, sa clarté, et même son pessimisme légendaire vont nous manquer. Il a marqué à jamais la radiobiologie et radiopathologie française en permettant les transferts de connaissances du microscope à l’humain et des applications médicales toujours en vigueur à ce jour.

Merci pour tout Jean Louis

au laboratoire de Jouy en Josas

au laboratoire de Jouy en Josas

en AG à l’ARSER

en AG à l’ARSER